un Triathlon d'enfer : 3.800 km de
natation 180 km à vélo un marathon pour finir...
Frédéric Fauquembergue et Fabien
Merciris (associés au magasin BIKE & RUN) sont au départ...
Fabien termine 72è en 9h39'13 ;
Frédéric réalise 10h41'47
Nous les avons rencontrés pour
qu'ils nous parlent de leur exploit...
L'idée
Dans un
premier temps, je dirais qu'on a arrêté un petit peu le sport de
haut niveau au moment où on a créé le magasin. Tout doucement on
a repris le sport, on a commencé par la course à pied. Après on
est des cyclistes de base, donc on a continué à faire du vélo
toujours et est venue l'envie de participer à des triathlons il
y a deux ans. Et depuis, on a fait des courtes distances, des
moyennes distances, des longues distances. Et au bout de la
première année de triathlons qu'on a fait, on s'est dit qu'on
allait se lancer dans l'Ironman. C'est vraiment une aventure.
Ça a mis deux ans pour faire un Ironman et l'idée est venue un
an avant parce que de toute façon il faut s'inscrire un an avant
sur un Ironman. Juste un an.
La préparation
Huit mois de
préparation, c'est long mais en même temps pour nous, c'était la
première fois qu'on arrivait sur des distances comme ça en
triathlon donc c'était nécessaire pour aller jusqu'au Marathon:
180 km de vélo c'est pas anodin et 3km800 de natation. Moi, je
ne savais pas nager il y a deux ans. Et aujourd'hui le résultat,
il est très bien. C'est impeccable.
On a la
chance de pouvoir concilier notre métier et notre passion donc
le vélo, la course à pied, la natation, tout en travaillant en
même temps. La natation ça se fait le matin à 8 heures ou le
soir, et les entraînements entre midi et deux. Ca se fait
beaucoup comme ça et le dimanche est consacré à la longue sortie
vélo ou course à pied. Ça demande beaucoup de sacrifices dans le
travail, l'organisation et au niveau familial parce que c'est le
dimanche, c'est tout le temps. Un Ironman c'est huit mois dedans
à fond.
C'est une
grosse hygiène de vie pour récupérer des entraînements, se
coucher à heures fixes et puis tout ce qui est l'alimentation,
parce que là-bas il ne faut pas être trop lourd pour pouvoir
courir vite tout simplement. Il faut donc être affûté le plus
possible et en même temps avoir les réserves énergétiques pour
le faire.
La course
On est
partis avec le club d'Amiens triathlon et un autre abbevillois,
Hakim Belhachemi (il ne faut pas l'oublier), qui a démarré le
triathlon un peu en même temps que nous. A Zurich, quand on est
arrivé là-bas, il faisait très très beau, très très chaud. Et
tout à coup il y a eu un gros orage le vendredi soir. Il s'est
mis à pleuvoir, pleuvoir, pleuvoir tout le samedi et tout le
dimanche le jour de la course. Il faisait 14 degrés le jour de
la course. Départ vers 7 heures dans l'eau. L'eau était
meilleure, elle était à 23°, il faisait 14 dehors. On était
vraiment bien dans l'eau. Au bout d'une heure 5, une heure 6 de
natation on sort de l'eau, il pleuvait toujours autant. Et là,
180 km de vélo. Ça s'est très bien passé puisque Fabien fait le
10ème temps en vélo, sur 2200 participants ce qui est
un gros gros niveau vélo et moi je sors avec le 188 ème temps
, ce qui est très bien aussi. Fabien repose le vélo 50ème
et on sort 517 et 518 èmes de l'eau sur les 2200. Fabien pose le
vélo 50ème et moi 252 ème. Après, un Marathon dans
les rues de Zurich, un Marathon qui tortillent un petit peu avec
beaucoup d'allers-retours où on se croise sans arrêt J'ai pu
croiser Fabien pas mal de fois, comme ça on s'est motivé, ça
fait du bien aussi. 3h36 pour Fabien au Marathon après 180 km
de vélo, moi je prévoyais 4 heures, je fais 4 h 8. Je suis déjà
très content puisque j'avais prévu 11 heures au général et je
fais 10h40, c'est excellent. Fabien fait 9h36, 72ème
au scratch, énorme, énorme! Il rate de peu la qualif à Hawaï,
le championnat du monde des Ironman.
Avant tout
c'est huit mois de préparation ensemble, c'est extraordinaire,
ça soude déjà dans le travail mais aussi dans la vie de tous les
jours, c'est énorme et puis le jour J, c'est la consécration,
c'est une récompense de tout l'entraînement qu'on a fait, de
tout. A l'arrivée, on avait mal partout mais on était transcendé
par le fait qu'on s'était entraîné pendant huit mois et que ça
avait marché et que là on était là, on était prêt malgré la
météo, il n'y avait rien qui nous avait arrêtés.
La pluie plutôt que la chaleur
A la limite
c'est presque ça, en tout cas pour nous les Picards, je pense
que c'est mieux. Mais par contre, quand on arrive, c'est une
joie, c'et énorme. il n'y a que les finishers de l'Ironman pour
connaître ça, ça n'a rien à voir avec une course traditionnelle
C'est une dimension tout autre, tout au long du circuit c'est le
tour de France: il y a du monde partout, il ya des fanfares,
tous les gens sont là, c'est une fête énorme. De ce coup là, ça
donne envie d'en refaire un . Pas tout de suite parce que la
préparation est très contraignante et la récupération est très
difficile. Finalement on pensait refaire quelques triathlons
après mais la saison s'arrête là. Elle ne reprendra que l'année
prochaine.
Les conséquences
C'est vrai
qu'on paie ces gros efforts après. Tous ceux que je connais,
qui y ont participé, ont tous arrêté leur saison après. On
pensait reprendre et puis des blessures apparaissent, c'est le
corps…, c'est le trop qui fait que le corps voit des lésions qui
arrivent alors qu'on reprend l'entraînement doucement. Logique,
c'est le trop, mais c'est le côté Ironman. C'est énorme de
l'avoir fait et que ça se soit bien passé, c'est l'essentiel
tout simplement.
Maintenant
Maintenant
c'est un petit peu le train-train quotidien, on se rattrape, il
y a beaucoup de travail au magasin mais on reprend
l'entraînement tout doucement déjà et je crois qu'on va
reprendre les compétitions plus tôt que l'année dernière : des
courses à pied, on va refaire le Marathon de Paris, on va
refaire plein de choses. On est repartis, on est motivés à deux
cents pour cent.
C'est vrai
qu'on a encore de belles années devant nous
: on a 29 et
30 ans. Même si les années de haut niveau sont derrière nous,
c'est certain (surtout pour Fabien qui est allé aux JO
d'Athènes, même pour moi qui ai fait du VTT en haut niveau)
c'est derrière nous. On a ouvert notre magasin, c'est plus
pareil ; on a réussi à faire tout ça grâce à ce qu'on fait
avant. Devant nous il y a encore de belles courses qui nous
attendent, de beaux Ironman et surtout de bonnes sensations
qui sont devant nous et elles seront toujours devant nous. On
arrive toujours à se faire plaisir en sport quelque soit le
niveau auquel on le pratique et c'est aussi ce qu'on essaie de
faire passer auprès de nos clients.
Les clients
Déjà cette
aventure c'est entre nous deux mais ça s'est partagé énormément
avec tous les clients parce que, en parallèle, on a fait un blog
sur notre entraînement. On a eu 1500 visites par mois, ce qui
n'est pas mal, et on a eu pas mal de clients qui suivaient et
qui venaient au magasin nous encourager. Le jour J on y pensait
aussi à tous ces gens, ces clients qui finalement sont des amis
maintenant, qui étaient derrière nous et qui nous ont suivis
même le jour J puisqu' on pouvait suivre sur internet avec les
numéros de dossards et on savait nos points de passage. Il y a
eu beaucoup de gens qui ont nous ont suivis et qui, après coup,
nous ont félicités. Pour nous c'est hyper important et ça nous
a fait énormément de bien et ça nous a énormément motivés dans
la préparation et ça a même suscité chez certains l'envie de
faire du triathlon, de faire du sport tout court, enfin plus
qu'ils n'en faisaient déjà; et puis ça a augmenté la crédibilité
qu'on a dans les conseils qu'on peut apporter.